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41,37 %, c’est la part de logements sociaux à Montreuil

Publié le 01 octobre 2026 | N°228

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Le maire avec des habitants durant les Virades de l’espoir.

© Juliette De Sierra

Ce chiffre est le résultat de plusieurs décennies de combats menés pour que Montreuil reste Montreuil. Et depuis 2014, cette part de logements sociaux a progressé de 5 points, pour atteindre 41,37 %, correspondant à 5 000 logements sociaux supplémentaires. C’était notre engagement : porter à plus de 40 % la part de logements sociaux dans notre commune.

Notre ville aurait pu suivre le chemin de beaucoup d’autres communes de la petite couronne : à mesure que les prix montent, les classes populaires partent, les familles s’éloignent et la spéculation immobilière trie les habitants par l’argent.

Nous avons fait un autre choix politique. Car imposer la construction de nouveaux logements sociaux à chaque opération immobilière, rénover le parc existant, malgré le désengagement de l’État, c’est permettre à celles et ceux qui font vivre cette ville, parfois depuis des décennies, d’y habiter encore. C’est empêcher que Montreuil devienne une ville réservée à celles et ceux qui peuvent se la payer. C’est protéger le fait que chacune et chacun ait sa place.


C’est cette même idée que j’ai eu l’honneur de défendre ces derniers jours en assistant à la cérémonie d’installation du père Raphaël à l’église Saint-Pierre-Saint-Paul. Une même idée que j’ai défendue aussi aux synagogues à l’occasion de Yom Kippour. Et une même idée qui a guidé notre action quand nous avons signé le permis de construire pour la future mosquée du Bas-Montreuil (lire page 3). Car voilà ce que permet la laïcité lorsqu’on la comprend pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un principe d’égalité dans la pratique du culte qui offre un cadre assez solide pour accueillir nos différences.

Avoir sa place dans la ville, c’est pouvoir y vivre librement. C’est aussi pouvoir s’y déplacer sans que l’endroit où l’on habite devienne une frontière qui enferme.

Le 24 septembre dernier, vous étiez plusieurs centaines réunis pour défendre le prolongement de la ligne 1 du métro jusqu’à Val-de-Fontenay, avec une station au cœur du quartier Bel-Air – Grands-Pêchers.

Alors qu’il nous a fallu dix ans de bataille pour faire advenir le prolongement de la ligne 11, rien ne justifie aujourd’hui que les personnes qui vivent aux Grands-Pêchers continuent d’être privées de ce à quoi d’autres ont accès depuis longtemps : un métro proche de chez elles, du temps gagné chaque jour, un accès plus facile au travail, aux études, aux soins, à la culture, sans être contraintes d’utiliser la voiture pour chaque déplacement.

Il faudra donc rester mobilisés sur le long terme, ensemble, élus et habitants de la commune. Pour la ligne 1, car c’est l’actualité immédiate et que le combat n’est pas encore gagné. Pour la ligne 9, qui permettrait de connecter la Boissière avec le quartier centre-ville et pour laquelle un long travail est mené. Parce que la justice sociale se mesure aussi à ce que notre adresse nous permet réellement de faire, aux lieux auxquels elle nous donne accès, au temps qu’elle nous laisse pour vivre.

Les élections qui viennent d’avoir lieu en Allemagne nous rappellent l’urgence de ce combat fondamental. Dans deux régions, l’extrême droite a atteint des niveaux historiques. Ces résultats sont toujours le signe d’une société qui se fragmente, où les colères s’accumulent et où certains travaillent méthodiquement à les retourner contre les étrangers, les musulmans, les juifs, les plus pauvres ou simplement ceux qui ne nous ressemblent pas.

Faire de Montreuil une ville où chacune et chacun a sa place est une tâche immense, et je veux adresser ici un remerciement à toutes celles et ceux qui, dans les services de la Ville, dans les services publics, dans nos associations se battent sans relâche pour cet objectif.

Patrice Bessac, votre maire