Culture
Catherine Ringer, la voie libre
Exception cette semaine : notre rubrique consacrée aux femmes qui ont donné leur nom aux rues de Montreuil s’arrête sur Catherine Ringer. Elle ne figure certes sur aucune plaque, mais c’est ici qu’est née l’aventure Rita Mitsouko.
Partagez avec :
Tout commence à la Maison pop. En 1979, Catherine Ringer, 22 ans, participe aux répétitions de Flash rouge, une comédie musicale. Elle y croise un grand échalas guitariste à fine moustache, Fred Chichin. Coup de foudre amoureux et artistique. Un an plus tard, les voilà sur scène sous un drôle de nom : Rita Mitsouko. Ils dynamitent le rock français, et mélangent punk, funk, rythmes latins et sons électroniques. « Marcia Baïla », « Andy », « C’est comme ça » ou « Les Histoires d’A. » deviennent des tubes. Mais Ringer impose surtout autre chose : une voix immense, un corps libre, des tenues extravagantes et une façon bien à elle de ne demander la permission à personne. Une liberté aussi très politique : soutien à la maternité des Lilas menacée, défense des droits des femmes et, en 2024, une Marseillaise réinventée pour célébrer l’entrée de l’IVG dans la Constitution : « Aux armes, citoyens, citoyennes ». Après la disparition de Fred Chichin en 2007, elle poursuit seule sa route. Catherine Ringer est morte le 15 septembre, à 68 ans. Elle n’a pas de rue à son nom à Montreuil. Mais elle aura ouvert la voie à bien des femmes.
Aude Rossigneux