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Découvertes. Festival du film de Montreuil

Publié le 17 septembre 2026 | N°227

La 14e édition du Festival du film de Montreuil, du 23 au 29 septembre, fera la part belle aux premiers films et aux jeunes cinéastes qui, pour la plupart, se sont déjà fait remarquer sur la Croisette. Une édition placée sous le signe de la découverte.

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© dr

Place aux jeunes !

Cette année, sauf surprise de dernière minute comme Le Méliès sait parfois en réserver, le Festival du film de Montreuil misera moins sur les stars que sur les nouveaux visages. Il y aura bien Swann Arlaud, coqueluche de la Croisette 2026 pour le film d’Emmanuel Marre Notre salut, sur la collaboration sous Vichy (prix du scénario en compétition). Et, le soir de la clôture, le réalisateur Gustave Kervern, qui présentera son nouveau long-métrage, Voilà c’est fini, après la diffusion du film testament d’Alain Cavalier, Merci d’être venu. À l’exception également de la cinéaste chevronnée Julie Bertuccelli, qui ouvrira les festivités avec La Leçon de violon, un documentaire sur le conservatoire de musique d’Est Ensemble à Pantin, et de Nicolas Pariser (Alice et le maire), qui montrera son quatrième film, Un peu avant minuit (en lice à la Mostra de Venise), la 14e édition du festival montreuillois sera surtout placée sous le signe de la découverte.

« Sur les treize films en compétition, tous présentés en avant-première, huit sont des premières œuvres et trois des deuxièmes films », expose Stéphane Goudet, le directeur artistique du Méliès, qui voit dans « les pépites », principalement françaises, découvertes par son équipe, « un renouvellement revigorant » du cinéma.Parmi ces nouveaux venus, certains ont déjà été récompensés, comme Ce qui nous mène à toi, qui retrace un parcours PMA, de Khalil Cherti, doublement primé au festival d’Angoulême ; Le Corset, de Louis Clichy, sur un enfant atteint de handicap, prix spécial du jury Un certain regard à Cannes et triplement récompensé au festival d’animation d’Annecy ; ou la tragédie adolescente Gradiva, première réalisation de la cheffe opératrice Marine Atlan (Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes).

D’autres films retenus figuraient également dans les sélections cannoises 2026. Ainsi, Mémoire de fille, de Judith Godrèche, adaptation du roman éponyme d’Annie Ernaux, et Quelques mots d’amour, de Rudi Rosenberg, qui traite d’une adolescente en quête d’un père inconnu, concouraient dans Un certain regard ; Du fioul dans les artères, de Pierre Le Gall, qui narre une liaison homosexuelle entre deux routiers, a été projeté à la Semaine de la critique ; l’Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion) avait retenu Mauvaise étoile, de Lola Cambourieu et Yann Berlier, ainsi que Cœur secret, du Montreuillois Tom Fontenille (voir ci-contre) ; la Quinzaine des réalisateurs avait programmé L’Espèce explosive (voir ci-contre), et Vesna, de Rostislav Kirpičenko, sur la guerre en Ukraine, a fait l’objet d’une séance spéciale.

« La plupart des œuvres de notre compétition interrogent sous des formes diverses les rapports hommes-femmes, la domination, la communication, souligne Stéphane Goudet. De Nicolas Pariser qui se demande, à l’aune du mouvement #Metoo, s’il a toujours eu un comportement correct envers les femmes, à Mémoires de fille, sur la possession du corps des femmes, ou Mauvaise étoile, sur l’emprise affective, cette question est centrale. » Moins de stars, donc, peut-être, mais une génération de réalisateurs à découvrir. 

Maguelone Bonnaud

Savoir plus : Festival du film de Montreuil, du 23 au 29 septembre, 4 € la séance, billetterie ouverte.


Montreuil en compétition

Sur les 13 films en compétition, deux sont signés par des Montreuillois : L’Espèce explosive, de Sarah Arnold, et Cœur secret, de Tom Fontenille. Le premier, comédie policière hors norme, met des agriculteurs aux prises avec des chasseurs de sangliers. Cet ovni commence en chronique rurale, se transforme en enquête policière, flirte avec la romance et se finit en pur délire. Le second est un documentaire sur la famille du réalisateur confrontée à deux bouleversements : la disparition de la mère et la transition du père en femme. Les deux films avaient été sélectionnés à Cannes en mai dernier. L’Espèce explosive concourait dans la Quinzaine des réalisateurs, où il a obtenu le Label Europa (sésame pour une diffusion soutenue dans 39 pays). Et Cœur secret avait été choisi dans une section parallèle, l’Acid.

Savoir plus : Cœur secret, au Méliès le 25 septembre à 18 h 15 (sortie nationale le 30 décembre). L’Espèce explosive, au Méliès le 27 septembre à 18 h 30,(sortie nationale le 7 octobre).


 

Andreï Zviaguintsev, un grand cinéaste naturaliste

Existe-t-il un réalisateur aussi primé que l’invité d’honneur du 14e Festival du film de Montreuil ? 
C’est simple : chacun des six longs-métrages d’Andreï Zviaguintsev a non seulement été sélectionné dans un festival international majeur mais en est reparti auréolé d’un prix. Dès le premier, Le Retour, en 2003, le grand cinéaste russe, aujourd’hui âgé de 62 ans, décroche le Lion d’or à Venise. Suivent cinq prestigieuses distinctions cannoises, dont quatre en compétition officielle. Prix spécial du jury, Prix du jury, Prix interprétation masculine, Prix du scénario… 

Cette année, Park Chan-wook et ses co-jurés ont choisi d’attribuer le Grand Prix à Minotaure. Dans cette adaptation de La Femme infidèle de Claude Chabrol, un couple bourgeois se délite sur fond de conscription meurtrière pour la guerre en Ukraine… Les Montreuillois découvriront ce drame policier politique en avant-première le 
27 septembre et, mieux encore, assisteront dans la foulée à une master class (réservée aux spectateurs du film) d’Andreï Zviaguintsev. De Bannissement à Faute d’amour, en passant par Leviathan, le cinéaste naturaliste raconte la grande histoire à travers la petite. Ou comment le quotidien d’un homme, d’un couple, d’une famille, reflète la déréliction de la Russie, la corruption, la violence… Bouleversé par la guerre en Ukraine, Andreï Zviaguintsev a quitté son pays en 2022 et vit désormais à Paris. En recevant son prix sur la Croisette, il a exhorté Vladimir Poutine à « cesser le carnage de cette guerre insensée ».

M. B.

Savoir plus : Quand voir les films de Zviaguintsev au Méliès : Le Retour, le 23 (17 h 45) ; Le Bannissement, le 24 (20 h 15) ; Elena, le 26 (11 h) ; Léviathan, le 26 (17 h 30) ; Faute d’amour le 27 (11 h) ; Minotaure le 27 (14 h ), dont la sortie nationale est prévue le 14 octobre.