Denise : « Offrir un peu de rêve grâce au tourisme social »
Née à Paris, en 1950, Denise Saliou est arrivée à Montreuil à l’âge de 8 ans. Elle a grandi avec ses parents dans la résidence « participative » Claire-Maison, dans le quartier Le Morillon. Titulaire d’un CAP de comptabilité, Denise a fini sa carrière au siège de la CGT, porte de Montreuil.
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« Les Trente Glorieuses, c’était pas glorieux pour tout le monde. On a vu arriver le frigo, le formica, la machine à laver, mais les vacances, c’était souvent à Montreuil. À 14 ans, ma sœur et moi, on a commencé à travailler durant l’été. Maman nous laissait l’argent pour acheter nos vêtements. J’ai eu la chance de partir en colo et en camp d’ados. J’ai découvert la mer à Berck-Plage, dans le Pas-de-Calais, au centre de vacances de la Ville. Elle était froide et nous barbotions entre des cordes que tenaient les moniteurs.
Puis, il y a eu les camps d’ados, à Sampzon, en Ardèche, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. J’en garde des souvenirs extraordinaires. Il fallait aller chercher l’eau à la rivière, pour la toilette, la vaisselle… En Camargue, on cuisinait dans le sable.
J’aimais aussi la vie en collectivité. À Montreuil, j’avais l’habitude du groupe, car à la cité Clair-Maison, construite sur le modèle des « castors », on partageait beaucoup de choses avec nos voisins. Mes parents étaient ouvriers. On est peu partis tous ensemble. Quand ils ont pu acheter une voiture, une Aronde P60, on est allés passer une semaine à Vichy, où ils avaient loué un meublé. Plus tard, à l’âge adulte, je me suis investie bénévolement dans l’association Loisirs solidarité retraités (LSR), qui permet à des personnes très modestes de partir une semaine en vacances. Cette année, à Montreuil, vingt-huit personnes bénéficient de séjours LSR, au prix de 300 € environ, tout compris. Je suis très attachée à cette forme de tourisme social, qui offre un peu de rêve à des ouvriers qui en ont bavé toute leur vie. »