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« Entretenir nos sols et faire la fête »

Publié le 14 août 2026 | N°219

Né l’an dernier pour exprimer les voix des usagers des sites partagés, ce réseau compte des correspondants dans quinze des vingts composts de quartiers et trois « pied d’immeuble ». Des passionnés du jardinage, du recyclage et de la chaleur collective. 

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Le goût des chantiers collectifs et des bons rapports de voisinage.

© Meyer

L’extension progressive des bornes de déchets alimentaires dans la ville depuis 2024 a entraîné une chute brutale des dépôts dans certains bacs de quartier. Les gens préférant verser leurs ordures ménagères dans les bornes plutôt que dans les composts qui nécessitent un tri préalable, notamment les croûtes de fromage, les bouts de viande ou les os, proscrits parce que leur dégradation est beaucoup trop lente. Pour ces bénévoles des composts de quartier, il était temps d’alerter les services de la ville et d’Est Ensemble face à cette concurrence. Ils défendent l’expérience de Montreuil dans le compostage depuis une quinzaine d’années pour l’amplifier, mais ils manifestent aussi le goût de la convivialité de voisinage, avec le plaisir des chantiers partagés et des échanges. 

Au compost du square Barbara, Isabelle se félicite de la rigueur des usagers : « Il y a quinze jours, on a fait un retournement. Sur 1000 litres de matières déplacées, on n’a trouvé qu’une étiquette mal triée. » Marie-France, qui vit à Montreuil depuis 1974, veille depuis 2020 sur son « pied d’immeuble » dans le secteur Carnot et participe activement à celui du square Papa Poule. Elle s’amuse de voir que « les hommes jeunes sont toujours présents lorsqu’il y a un retournement à faire. Comme un test de virilité ». Elle complète : « Le samedi matin, on y rencontre souvent des jeunes parents sympas avec leurs enfants, ce côté pédagogique est très stimulant. »  

Venue de Saint-Denis il y a huit ans, Framboise habite la Maison des Babayagas. Outre le plaisir d’un espace florissant grâce à l’humus récolté, elle apprécie tout particulièrement les échanges générés avec l’extérieur : « On produisait trop d’humus, on a rencontré des jardins partagés qui avaient un sol très pollué, près de la porte de Montreuil. Depuis, ils nous déposent de la paille et on leur donne de l’humus en retour, ce qui a nettement enrichi leur terre. » Isabelle s’enthousiasme aussi pour « les courses de brouettes, prêtées par le comité des fêtes, au square Barbara ». En hiver, les réunions-apéros c’est « thermos obligatoire ! » pour Isabelle et le temps « du thé au gingembre, du vin chaud, du cidre chaud et des petits plats faits » pour Marie-France. De quoi les revigorer pour faire entendre leurs réclamations.