Jacques : « Vers l’île de Ré, en souvenir de ma mère »
Né à Reims en 1939, Jacques Bailly a emménagé en 1972 à Montreuil, dans le quartier de La Noue (où il vit encore aujourd’hui). Titulaire du certificat d’études, il a fait toute sa carrière à la RATP. Il est par ailleurs membre du groupe Musica Noue et a été pendant plus de trente ans bénévole à l’association des Amis de l’école.
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« J’ai eu la chance d’entrer à la RATP. J’ai commencé comme poinçonneur. À la porte des Lilas ! Comme dans la chanson de Gainsbourg. La musique m’a toujours accompagné. Je ne sais pas la lire, mais on me dit que j’ai l’oreille parfaite. Je joue de l’harmonica.
C’est mon père qui m’en avait offert un, alors que j’étais gravement malade, enfant. J’ai eu une enfance mouvementée. Ma mère m’a élevé seule. Mon père a été interné à Dachau, pour faits de résistance. Il était horloger-graveur et fabriquait de faux tampons. Avant d’entrer à la RATP, je ne savais pas ce que le mot « vacances » signifiait. J’ai commencé à travailler à 14 ans, dans une ferme avicole.
Je n’avais pas de vacances. Je suis parti pour la première fois en 1969, à l’île de Ré, en Charente-Maritime, avec un collègue de la RATP. À la régie, j’ai passé des concours, et je suis devenu conducteur. Ça m’a changé la vie. J’avais enfin un bon salaire ! J’ai pu passer le permis et acheter une voiture, une GS. En famille, avec mon épouse et nos trois enfants, on a sillonné la France, du nord au sud. On a aussi fréquenté de nombreux centres de vacances de la RATP. Je les ai emmenés à l’île de Ré. En souvenir de ma mère. C’est le seul voyage qu’elle avait fait. Elle en gardait un souvenir émerveillé. »