« Jusqu’à 10 000 nématodes dans un mètre cube de terre ! » Reportage aux Guilands
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L’animatrice nature Alice Rouffy guide une visite au parc des Guilands le 19 avril.
© Juliette de Sierra
Il est 16 h 10 ce dimanche 19 avril. La visite nature vient à peine de commencer dans le parc des Guilands, et Josiane est déjà conquise. « On accroche tout de suite avec cette guide », com mente la retraitée, une habituée du parc qui participe pour la première fois à une promenade naturaliste.
Vingt-trois personnes ont rejoint l’animatrice nature Alice Rouffy, mandatée par le conseil départemental pour un cycle de quatre balades découvertes aux Guilands.« Nous allons aujourd’hui parler d’écologie du sol. Sans sol, pas de végétation, et sans végétation, pas de nourriture », commence cette enseignante en BTS de gestion et protection de la nature. Elle est jeune, vive, enthousiaste. Direction les chemins boisés en contrebas du stade, plus sauvages. « En décomposant les feuilles et les branches tombées au sol, les millions d’organismes qui vivent sous terre apportent de la matière nutritive indispensable aux racines », explique-t-elle.
LEÇON DE CHOSES
Une partie insoupçonnée de la richesse du monde se dévoile au fil de ses trouvailles. « Ah, un gendarme ! Vous savez pourquoi c’est un animal rigolo ? Avec ses couleurs, noir et rouge, il mime le danger alors qu’il est complètement inoffensif. »
On remonte l’allée sous un toit d’érables. Devant un petit papillon, la naturaliste sort un livre d’images. « Vous savez comment on sait qu’un papillon est un insecte ? » Chaque découverte est prétexte à une leçon de choses. « Hop là, toi, tu vas venir avec nous pour tout à l’heure ! » lance la jeune femme en enfermant une petite araignée dans une boîte transparente. « On a sou vent peur des araignées, alors qu’elles assainissent nos maisons en mangeant les acariens », plaide-t-elle.
DES ORGANISMES PRÉCIEUX
Tines, voilà un cloporte, « seul crustacé qui a réussi à développer des poumons et à sortir de l’eau ». Ce détritivore est utile, apprend-on, car, en dégradant les feuilles, il contribue à rendre la matière végétale plus assimilable par le sol. La découverte d’un petit escargot donne lieu à un laïus instructif sur les gastéropodes. On apprend aussi que « l’araignée sauteuse est capable de bondir à une distance de dix fois sa taille », qu’il peut y avoir jusqu’à « 10 000 nématodes [ndlr : des petits vers ronds] dans un mètre cube de terre »… « On a trop longtemps négligé ces organismes si précieux », conclut Alice Rouffy. Il est déjà 17 h 30. Personne n’a vu passer le temps. Même Sarah, 36 ans, qui en connaît pourtant un rayon grâce à un oncle entomologiste : « Cette guide connaît son sujet et sait le partager. » Sous le sol des Guilands, ce jour-là, l’invisible a repris sa place.
Prochaines balades nature d’Alice Rouffy au parc des Guilands, le 17 mai et 21 juin, 16 h devant la maison du parc, accès libre, infos: parcsinfo.seinesaintdenis.fr