« Justice sociale et justice environnementale sont indissociables » Gaylord Le Chequer
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Gaylord Le Chequer, premier adjoint, délégué à la ville résiliente, l’aménagement, l’urbanisme, les espaces publics, les mobilités et la protection des Murs à pêches.
© Elina Mathias
Concrètement, qu’est-ce que le prolongement de la ligne 1 changerait pour les habitants ?
Pour tout l’Est parisien, ce projet répond à un besoin majeur de transports. Dans le haut Montreuil, notamment aux Ruffins, à Théophile-Sueur, Le Morillon, au Bel-Air ou aux Grands-Pêchers, beaucoup d’habitants n’ont pas d’alternative à la voiture pour leurs déplacements, notamment vers Paris. Cela pèse sur leur budget, compte tenu du coût du carburant, mais aussi sur l’environnement et la santé. Une partie de ces voitures contribue à l’engorgement de la porte de Bagnolet et de l’A3, avec des conséquences en matière de pollution. Et les populations qui vivent loin des transports lourds sont essentiellement des classes populaires. Il y a donc, derrière ce projet, un enjeu fondamental de justice sociale, d’écologie et de santé publique.
Justice sociale et justice environnementale peuvent-elles aller de pair dans ce projet ?
Non seulement elles vont de pair, mais elles sont indissociables. Les canicules l’ont montré : elles touchent plus durement ceux qui vivent dans des environnements denses et ont des trajets domicile-travail plus longs. Développer les transports publics propres permet de réduire la dépendance à la voiture et de mieux partager l’espace public. Moins de voitures, c’est aussi de l’espace libéré pour développer les mobilités douces, renaturer, créer davantage d’espaces verts. Autant de leviers qui permettent de répondre concrètement aux enjeux environnementaux.
Quelle place les habitants doivent-ils prendre dans la nouvelle concertation ?
Leur rôle est essentiel. Il faut d’abord répondre à une question : une infrastructure de type métro est-elle la bonne réponse aux besoins de déplacement et au nombre de voyageurs concernés ? Toutes les voix doivent s’exprimer. Lors de la précédente concertation, les contributions sur les réseaux sociaux ont été très nombreuses, mais les habitants se sont moins fait entendre. Nous avons la responsabilité d’aller vers eux, de leur donner l’information et de leur permettre de participer. La présence de la Commission nationale du débat public doit garantir que tous les acteurs seront entendus, pas uniquement ceux qui crient le plus fort.
Qu’est-ce qui vous rend optimiste sur la suite ?
D’abord, le maintien d’un consensus entre des élus de sensibilités différentes et le travail engagé par Île-de-France Mobilités. Sur un projet d’utilité publique, l’essentiel est de savoir ce qui est juste et utile pour les populations. Nous savons aussi très concrètement ce que l’arrivée d’un métro peut changer. Le prolongement de la ligne 11 à la Boissière a profondément transformé le quotidien des habitants. L’enjeu est désormais que les Montreuillois, notamment ceux du Bel-Air et des Grands-Pêchers, puissent faire entendre à leur tour leurs besoins et leur expérience. Car cette nouvelle étape ne peut réussir qu’avec eux.
Propos recueillis par Elina Mathias