Culture

À la fête des Montreuillois cultures urbaines, parmi les stars

Publié le 10 septembre 2026 | N°223

Dix-huit artistes sont attendus au parc Montreau, le dimanche 21 juin entre 14 h et 21 h, pour la 3e édition de la Fête des cultures urbaines : des stars comme Kalash ou Franglish et de jeunes Montreuillois comme Kylo ou HBT.

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Kylo

KLN 93 fait son come-back

On connaissait KLN 93, voilà désormais Kylo.

Après quatre ans de silence, le petit phénomène de la cité de l’Espoir revient sous un autre blaze. Sa nouvelle chaîne YouTube a ouvert en avril. Il y a posté un premier clip début mai, un deuxième début juin. L’as des allitérations démarre en trombe en 2019 avec un freestyle (texte improvisé) posté sur Instagram.

Des vues en pagaille, un deuxième son, un troisième, un clip retentissant : « Tootatis ». Le petit a 16 ans à peine quand Wati B, le label rap de Sony Music, celui de Sexion d’assaut, l’engage dans son écurie. L’enfant de Montreuil sort en 2021 une mixtape qui rayonne bien au-delà du 93. « Il avait tout, le talent, le buzz, le réseau », résume un connaisseur. Mais Kylane veut « faire de l’argent »… Il en a eu, beaucoup, mais l’a payé très cher.

HBT

Au nom de l'Afrique

Il y a de la mélancolie dans le rap d’HBT, des nuits blanches, des espoirs déçus. Une envie d’en sortir, de « trouver les mots ». « On vient d’en bas, c’est pour ça qu’on nous entend pas », chante le Montreuillois de la Boissière.

Pour être entendu, ce narvalo qui dit avoir « les ténèbres dans les veines » a choisi la musique. Collégien à Jean-Jaurès, il fait sa première scène au Café La Pêche avec deux amis du quartier Le Morillon.

Et, à 17 ans, en 2019, un de ses freestyles filmés dans la cité perce sur TikTok… Il tourne son premier clip l’année suivante et sort son premier EP en 2025. Montreuil et les « gars » d’Hamidou sont partout dans ses clips et chansons. Mais le jeune homme de 24 ans, « passionné de cinéma », s’inspire aussi d’autres univers, comme celui de la série Prison Break (dans « Fernando Sucre »), ou de l’anti-héros ivoirien John Pololo. « La culture africaine n’est pas assez mise en avant », estime l’arrière-petit-fils du grand écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, qui prépare une mixtape en plusieurs volumes…

10zéro

Plume de La Noue

L’année dernière et celle d’avant, il a rappé sur la scène Talent brut à la Fête de la ville, celle des nouvelles pousses.

Le 21 juin, Moussa jouera dans la cour des grands. « Je n’attendais que ça », résume l’enfant de La Noue, qui a pris comme nom d’artiste la fin du code postal de Montreuil (10zéro, c’est-à-dire 100). Moussa a 19 ans, il écrit « depuis le CM2, à Joliot-Curie, ou la 6e, à Maraisde- Villiers », il ne sait plus bien. Mais ce qui est certain, c’est que cet adepte d’un « rap sombre, brut, énervé, qui parle de la rue » écrit sans cesse. Chez lui ou dehors, de jour comme de nuit, il noircit les « Notes » de son smartphone. Il a « fait 2 000 sons », dit-il, en a enregistré une poignée au Café La Pêche ou dans « un studio à Robespierre », en a supprimé beaucoup. Il est allé jusqu’en terminale pro en mécanique, mais la musique, « c’est toute sa vie ».

Kalash

icône des Antilles

Il a fêté ses 38 ans, le 12 juin, à La Défense Arena, plus grande salle de concert d’Europe, lors d’un show enflammé. Une semaine plus tard, Kalash (à ne pas confondre avec Kalash criminel) nous fait l’honneur de chanter au parc Montreau.

L’icône martiniquaise biberonnée aux rythmes caribéens, reggae et dancehall, qu’il mêle au rap et à la trap, n’a pas son pareil pour faire bouger le public. Qu’il chante en créole, en français ou en anglais, Kevin Valleray fait mouche.

Depuis la sortie de l’album Kalash, en 2010, le « singjay » –mix de chanteur et deejay (toasteur) – aux 2,4 millions d’abonnés à sa chaîne YouTube, cartonne des deux côtés de l’Atlantique. Et même s’il trace une route singulière dans la musique actuelle, plus proche du R’n’B et du shatta, de grands noms du hip-hop n’hésitent pas à s’inviter sur ses albums, comme Damso, Ninho, Hamza ou Maureen. Sur son septième disque, Ex voto, qui vient de sortir, on retrouve de jeunes pousses comme L2B et de glorieux anciens comme Lino (Ärsenik) ou le Jamaïcain Vybz Kartel.

2L

Le poing levé

Finaliste l’automne dernier de Nouvelle École, le concours rap de Netflix, 2L a confirmé son talent avec son deuxième EP, Aria, sorti en février. Une référence à la musique classique à laquelle cette fille de musiciens fut formée, au conservatoire du 20e arrondissement.

La vingtenaire fan de « boom bap » (rap des années 1980-1990), au flow singulier et inventif, enchaîne les punchlines vindicatives et jure de n’être « jamais un bon soldat ». Fille et petite-fille de militants, 2L (les deux L de son prénom, Lola) assume un rap politique, défend les migrants, se proclame féministe et porte un regard critique sur les institutions. Elle regrette qu’une grande majorité de rappeurs « revendique la même chose que les capitalistes : l’argent ».

L’artiste engagée a des liens étroits avec Montreuil. Elle y a disputé ses premiers open mics, au Café La Pêche, s’y est préparée pour les tremplins « RappeuZ » et « Rappeuses en liberté » qu’elle a remportés en 2023 et 2024, et y a rencontré le rappeur montreuillois Souffrance, qui l’a signée sur son label Hall26.

Guerta

Tagueur kicker

Reparties assassines, rimes sans pitié, flow à grande vitesse… Guerta a fait entrer dans la légende le battle du 8 novembre dernier qui l’opposait à Ziena dans Nouvelle École, sur Netflix.

Le rappeur parisien d’origine vietnamienne a imposé son kick impeccable jusqu’en demi-finale de la saison 4 du concours de rap.

Et bien au-delà du petit écran, avec plus de cent concerts au compteur et quatre projets en ligne.

Technicité imparable, inspiration XXL.

Il y a du mauvais garçon dans l’univers du Parisien du 13e arrondissement qui est entré dans la street culture par le graffiti (d’où son blaze : taggueur en verlan) : des bédos qui circulent, des frérots testostérone, des virées clandestines. Mais l’ex-étudiant en master, qui a produit un mémoire sur le rap, a des lettres. Il écrit bien, et peut signer des titres émouvants comme « Le rap a niqué ma vie ».

« Mon rap c’est comme le cinéma d’auteur. Si t’aimes pas l’caviar, va bouffer tes pâtes au beurre », chante-t-il.

Franglish

French lover

Son hip-hop nourri de rumba congolaise et de R’n’B parle à tous. Cinq albums adoubés par le public (disques d’or ou de platine), deux millions de followers sur Instagram et TikTok, des chansons dépassant le milliard de streams… En février, à 31 ans, Franglish s’est même offert un court métrage de vingt minutes, dont il est le héros, romantique à souhait, pour accompagner son dernier EP (Love & Sugar), ainsi que la scène mythique de l’Olympia, où il a livré un show consacré à l’amour.

Passionné de musique depuis son plus jeune âge, le sympathique rappeur du 19e arrondissement de Paris a percé grâce à deux coups de pouce : avec Lefa, de Sexion d’assaut, il a fait sa première chanson remarquée, « Oh Yeah ! », et avec Dadju (frère de Gims, de la même Sexion d’assaut), il a connu son premier succès, « C’est plus l’heure », en 2016.

Avant de multiplier les collaborations de prestige (avec l’Américain Tory Lanez, Aya Nakamura et Hamza). Aujourd’hui, Gédéon Ngolo trace sa route avec une aisance devenue sa signature.