Environnement
Le jardinage sous toutes ses formes
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© Meyer
Montreuil compte de nombreux jardins privés, plus de 30 jardins partagés, mais nul besoin d’avoir un espace vert extérieur pour mettre les mains dans la terre. Un bout de terrasse, une cour partagée, un balcon… et même un rebord de fenêtre suffisent à verdir son environnement.
D’abord, jardiner fait du bien. Une étude de méta-analyses publiée en 2024 dans la revue scientifique Systematic Reviews a montré un effet positif du jardinage sur le bien-être, la qualité de vie et la santé mentale. Passer du temps à désherber ou à planter reste une activité physique douce qui aide à décrocher. Planter des bulbes à l’automne pour voir des tulipes au printemps ou des arbustes dans la perspective d’une cueillette de framboises nous enseigne la patience et en même temps, nous projette dans l’avenir. « La dimension thérapeutique du jardinage est évidente pour des populations avec qui nous travaillons au jardin Pouplier, très éloignées de l’emploi, souvent abîmées par la vie »- » explique Christophe, du sens de l’humus. « Le simple fait de mettre les mains dans la terre fait du bien. On le voit avec les enfants. » « Il y a un intérêt sensoriel pour les personnes en situation de handicap » ajoute Judith Ohayon de l’association Art Booster « Avec le jardinage, tous les sens sont sollicités ».
À ces bénéfices pour les jardiniers s'ajoute le rôle fondamental joué par les jardins dans la réduction des îlots de chaleur et la protection de la biodiversité. « Même dans un immeuble, les résidents du premier étage ne vont pas cultiver la même chose que ceux du troisième. Cela participe de la diversité et de la pollinisation ; explique Catherine Dehay, adjointe déléguée à l'environnement, à l'animal et à la nature en ville. Jardins pavillonnaires, toitures végétalisées ou balcons fleuris entrent dans la constitution de trames vertes, ces corridors végétaux qui facilitent la circulation des insectes, oiseaux etc.
Le regard sur le jardinet de banlieue a changé
Longtemps, le jardinet de banlieue à la pelouse bien entretenue, avec trois rosiers et une allée de gravillons, était considéré comme sans intérêt écologique. L’évolution des pratiques, plus respectueuses de l’environnement, a changé la donne. À Montreuil, la qualité des sols peut varier selon les endroits. Mais cela n’empêche pas de jardiner. De nombreux habitants choisissent de cultiver en bacs, en hauteur ou dans des carrés potagers, une solution simple qui permet de maîtriser la terre utilisée. Quel que soit l’espace dont on dispose, il y a toujours moyen de se faire plaisir à moindres frais. D’autant que plusieurs associations vendent des plants de fleurs et de légumes à des prix imbattables
Trois questions à Caroline Munoz Jardiner est à la portée de tout le monde
Cette journaliste, Montreuilloise depuis 20 ans, s’est spécialisée dans tout ce qui concerne le jardin. Autrice de plusieurs ouvrages pratiques elle prodigue des conseils pour jardiniers amateurs sur son compte Instagram (@caroline_munoz_officiel)
Faut-il avoir la main verte pour jardiner ?
Surtout pas ! Je ne crois pas du tout à ça. C’est comme de dire que le jardinage c’est un truc de vieux. Tout le monde peut s’y mettre quel que soit son âge, et même s’il n’y connait rien. Il suffit d’avoir envie et un peu de bon sens. Il faut observer la nature. C’est aussi une responsabilité par rapport à ce qui se passe sur notre planète.
Par quoi commencer ?
Pour démarrer, il ne faut pas grand-chose. Un pot de fleurs et encore n’importe quel contenant sous la main pourvu qu’il soit percé au fond, fait l’affaire. Un peu de terreau, des graines que l’on récolte soi-même. Et nous avons la chance d’avoir la grainothèque à Montreuil. Construire un carré potager sur un balcon ce n’est pas compliqué. Je suis une spécialiste de la recup la veille des encombrants. On trouve des pots, des planches qui peuvent servir pourvu qu’elles ne soient ni peintes ni vernies. La recup, récolter les graines, c’est ça aussi l’éthique du jardin.
Beaucoup de gens ont peur de se planter…
Mais moi c’est en faisant des erreurs que j’ai appris. J’en ai planté des arbres qui sont morts ! Je rate presque tout le temps mes semis ! Il y en a de plus faciles que d’autres. La nature est plus forte que nous. Le jardin ce n’est qu’une succession d’erreurs. On grandit avec lui. Et puis cela passe par la transmission, le partage. « Tiens, moi j’ai essayé ça et ça a marché ». On s’enrichit des erreurs et des réussites des autres.
Bouturer, semer, marcotter, récolter, diviser, sous forme de tutos illustrés et d’abécédaire accessible à tous, Caroline Munoz rend le jardinage facile, malin et respectueux de l’environnement : de la récup de graines ou de matériaux pour faire des carrés potagers aux recettes pour lutter contre les maladies sans produits chimiques, cette passionnée parle d’expérience.
Au jardin. Toutes mes astuces de A à Z, 207 pages Solar, 19,90 €