Sport

Le Red Star Lutte en pleine cure de jouvence

Publié le 02 septembre 2026 | N°216

Le club de lutte de Montreuil, qui a quitté le RSCM l’été dernier mais conservé le nom Red Star, fait le pari de la jeunesse. Cette année, les deux tiers de ses 140 adhérents ont moins de 18 ans.

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Les jeunes lutteurs n’utilisent que leurs bras et n’attaquent que le haut du corps de leur adversaire.

© Juliette De Sierra

Ce mercredi, dans la salle de lutte du gymnase Jean-Moulin, une quinzaine d’enfants de 8 à 12 ans s’échauffent sur le tapis. Jogging, étirements, roulades… Ils appliquent avec attention les consignes d’Amel et Zakaria, les coachs qui dirigent la séance. En quelques minutes, l’agitation et la cacophonie du début s’estompent, laissant place au bruit feutré des corps qui chutent sur le tapis. La scène se répète plusieurs fois par semaine. Depuis sa reprise par Sofian Salah en 2018, le Red Star Lutte (RSL) a mis la formation des plus jeunes au coeur de son développement. Cette saison, 66 % des licenciés ont moins de 18 ans et, parmi eux, près de la moitié ne sont pas encore en CP. Dès son arrivée, l’ancien champion de France et vice-champion d’Afrique avec l’Algérie en gréco-romaine avait lancé une section baby lutte pour les 3-6 ans, afin de faire découvrir de manière ludique une discipline moins plébiscitée que le judo ou le karaté.

« À l’époque, peu de clubs à Montreuil proposaient des créneaux accessibles dès 3 ans, raconte Sofya, maman d’Adrian, 8 ans, qui a débuté dans la section en question. Les professeurs s’adaptent en permanence, ils sont bienveillants et pédagogues. Il y a beaucoup d’échanges, y compris avec les parents. Mon fils est épanoui, et moi, sur le bord du tapis, je suis rassurée. »

Les retombées du MMA

L’an passé, le club a quitté le RSCM pour voler de ses propres ailes. Il a néanmoins conservé la dénomination Red Star « pour éviter que les adhérents perdent leurs repères ou, pire, pensent que l’on s’est fait la malle », précise Sofian. Le logo a été retravaillé : à l’intérieur de l’étoile figurent désormais deux lutteurs en plein combat. « Nous avons conservé tout notre effectif, le fait d’avoir pris notre indépendance n’a rien changé à la dynamique », souligne le dirigeant. Le RSL ne peut certes pas rivaliser avec les grands clubs d’arts martiaux en nombre de licenciés, mais n’en demeure pas moins solide avec ses 140 membres, fidèles et investis. Car si la lutte est un sport roi en Géorgie ou en Azerbaïdjan, elle ne compte en France qu’environ 28 000 licenciés, loin derrière le football (2,4 millions), le tennis (1,2 million) ou le rugby (350 000).

« Notre progression s’explique par plusieurs facteurs, analyse Sofian. Voici huit ans que nous sommes implantés à Montreuil, le travail finit par porter ses fruits. La section baby a très bien fonctionné dès le départ, et on en voit aujourd’hui les effets, car beaucoup d’enfants sont restés. Il y a aussi le bouche-à-oreille, nos interventions dans les écoles et les centres de loisirs, et, bien sûr, le MMA. À l’instar du grappling ou du jiu-jitsu brésilien, longtemps méconnus du grand public, la lutte bénéficie pleinement de cet engouement. » Le Red Star ne se limite pas à l’entraînement. Par leur présence et leur écoute, les bénévoles s’impliquent également hors des tapis auprès des familles confrontées aux difficultés du quotidien. « La lutte, ce n’est pas très connu, mais c’est un beau sport, plaide Waly, 11 ans. Avant, je faisais du foot, mais j’étais trop petit et j’avais du mal à m’imposer. Ici, je me sens respecté. » 

Grégoire Remund