• Notre ville
  • Solidarité - Carnot / Centre Ville / Jean Moulin - Beaumonts

Les habitants du quartier Jean-Moulin et de la cité de l’Espoir exercent leurs mémoires

Publié le 10 septembre 2026 | N°223

Passerelle de mémoire a enregistré les souvenirs des habitants du quartier Jean-Moulin et de la cité de l’Espoir pour un documentaire qui sera projeté durant la Semaine bleue (12-25 octobre), temps national consacré aux retraités et aux seniors.

Partagez avec :

Aux portes du « Lab des territoires », la caravane extensible déployée sur la place dite du Scribe, Béatrice Grandhay se réjouit : « Déjà six interviews ! »

À l’intérieur, se cache un studio d’enregistrement vidéo. La jeune femme et le fondateur de l’association Passerelle de mémoire, Pierre Goupillon, collectent des témoignages d’habitants sur l’histoire du quartier.

« À Montreuil, on voyait les rails de l’ancien tram quand je suis arrivée en 1964, se souvient Jeanine, et la cité Jean-Moulin était en construction. » Abdel, arrivé d’Algérie en 1958, a vu des terrains vagues pleins d’arbres fruitiers et une station essence sur l’avenue Jean-Moulin, qui était une « ruelle pleine de trous ».

LA PASSERELLE DE L’ESPOIR

« La place Aimé-Césaire, c’était un réservoir d’eau, poursuit Abdel. Place Jean-Jaurès, il y avait des bus, une petite gare routière et des pissotières. On prenait la passerelle de la cité de l’Espoir pour aller au supermarché Mammouth, qui est ensuite devenu Atac. » « C’est un esprit de village, une société d’entraide » qui émerge de la vingtaine de témoignages recueillis, selon Pierre Goupillon. « Ici, on nous parle du vivre-ensemble, et ce ne sont pas que des mots. »

L’ÂME DU QUARTIER

C’est l’implication des habitants dans le quartier qui a forgé l’âme de celui-ci. À l’image d’Abdel, qui a toujours aidé les personnes en difficulté dans les démarches administratives, ou de Mario, engagé en tant que parent d’élève dans les écoles et longtemps membre du conseil de quartier.

À l’image aussi de la création du « lups » (local à usages partagés et solidaires), une aventure humaine, associative et collective qui a durablement marqué les esprits. « Ici, tout se mélange. Quand les gens se parlent, c’est extraordinaire, incroyable, très riche, confirme Mario.

Ce quartier, c’est presque toute ma vie, là où j’ai élevé mes enfants, là où ils ont trouvé ce dont ils avaient besoin. »