Lucien Colotroc, ancien mécanicien féru de géométrie et de décoration
Ancien mécanicien féru de géométrie et de décoration
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« Une scie, un ciseau à bois… et beaucoup d’huile de coude. » C’est tout ce dont Lucien Colotroc a besoin pour se consacrer à sa passion. « Je fais de la marqueterie sauvage dans mon jardin », plaisante cet ancien mécanicien formé sur les machines-outils des usines Citroën. Tout a commencé avec son envie de fabriquer une chaise bébé pour son petit-fils, dont l’esthétique s’inspirerait de la marqueterie . « Ça m’est venu bêtement. Je viens d’un métier qui repose énormément sur la géométrie. »
« Je fais de la marqueterie sauvage »
La marqueterie consiste à assembler ou coller des plaques en vue d’élaborer des motifs géométriques. Chez Lucien, horloges, objets décoratifs ou utiles sont fabriqués dans des matériaux récupérés parmi les encombrants – « Les gens jettent des choses extraordinaires » – puis donnés. Ses créations, qui demandent « plusieurs dizaines d’heures de travail », se retrouvent souvent sur le comptoir du bar La Folle blanche. Montreuillois depuis cinquante ans, Lucien est bien connu pour avoir arpenté la Croix-de-Chavaux pendant douze ans aux côtés de Zena, sa chienne. « Elle était superbe et très gentille. Tout le monde disait bonjour au chien. » Il a vu Montreuil, ville ouvrière, se transformer : « J’ai connu une époque où l’on papotait avec des inconnus dans les bistrots, une façon dingue de vivre, on s’amusait différemment. » Sans nostalgie, Lucien continue de couler une existence douce avec Brigitte, sa compagne depuis 40 ans, auprès de qui il a trouvé la compréhension et le bien-être.
Christine Chalier