Histoire
Madeleine Laffitte, « la femme Pyrénées »
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Qui était-elle ?
Le Montreuillois se lance sur les traces des femmes qui ont donné leur nom à des lieux de la ville. Madeleine Laffitte n’a pas eu le temps de vieillir. Mais elle a vécu ici, sentier des Buttes, dans ces quartiers populaires où l’on s’installe, travaille, fait foyer. Née en 1914 dans une famille ouvrière du Maine-et-Loire, elle « monte » à Paris à 18 ans, devient employée de commerce, puis s’ancre à Montreuil avec son compagnon, militant communiste. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale et que l’Occupation s’impose, elle entre dans la clandestinité, sous le nom de « Michèle ». Agent de liaison, elle transporte messages et documents, circule d’un rendez-vous à l’autre, fait tenir les fils invisibles de la Résistance. Une présence discrète, mais décisive. Les policiers la repèrent, la suivent, la désignent comme « la femme Pyrénées », du nom de la station de métro où ils l’ont aperçue. Elle est arrêtée en février 1942. Détenue, puis déportée à Auschwitz en janvier 1943 avec le convoi des « 31 000 », elle meurt quelques mois plus tard, à 29 ans. En 1965, Montreuil donne son nom à une voie, dans le prolongement de la rue des Haies-fleuries. Une manière de faire tenir, dans l’espace de la ville, une histoire qui ne doit pas disparaître.