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Moins de béton, plus d’ombre : préparer la ville de demain aux grandes chaleurs

Publié le 10 août 2026 | N°224

La ville résiliente n’est pas seulement plus verte. Elle est aussi plus fraîche, parce qu’elle remet la nature et l’eau au cœur de son fonctionnement.

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© Gilles Delbos

Plantations d’arbres, transformation des cours d’école, désimperméabilisation des sols, création d’îlots de fraîcheur : les villes apprennent, par nécessité, à faire face à des étés plus chauds, à des canicules plus longues, plus fréquentes et plus sévères. Une adaptation qui protège d’abord les habitants les plus exposés à la chaleur, souvent aussi les plus modestes, ceux qui subissent de plein fouet un réchauffement auquel ils ont le moins contribué. Cela suppose de repenser la ville dans sa globalité : son bâti, ses rues, ses espaces verts, ses écoles. S’adapter à la canicule, donc. Sans renoncer à en combattre les causes : les deux ne s’opposent pas, mais se complètent.

Redonner sa place à l’eau

Le béton empêche l’eau de s’infiltrer, et la chaleur de s’évacuer. À rebours de cette logique, Montreuil multiplie les sols perméables et les noues végétalisées, qui retiennent les eaux de pluie avant qu’elles ne filent vers les égouts. C’est le cas à la Boissière, où la place Roger-Kasparian a été conçue avec cette logique de désimperméabilisation. Une manière de transformer chaque averse en réserve de fraîcheur plutôt qu’en simple nuisance à évacuer.

Rafraîchir les écoles

Pour éviter que les cours d’école se transforment en fournaises, la Ville les repense une à une, selon le principe des « cours oasis ». L’école maternelle Jean- Jaurès illustre cette démarche : sa cour, qui inondait les classes du rez-de-chaussée à chaque pluie, et où les racines des platanes affleuraient, a été entièrement repensée avec les enfants et les enseignants. Elle accueille désormais quatre fois plus de surfaces plantées, une noue paysagère et un potager pédagogique. Les enfants y gagnent en confort ; la ville y gagne un îlot de fraîcheur supplémentaire.

Planter des arbres

La climatisation la plus efficace est parfois la plus simple : un arbre. Son ombre et l’évaporation de l’eau par ses feuilles rafraîchissent naturellement les rues. D’un trottoir à l’autre, selon qu’il est ou non planté, la température peut chuter de plusieurs degrés : c’est tout l’enjeu du Plan arbres, engagé en 2023 par Est Ensemble, avec le soutien de la Ville, qui prévoit 5 000 plantations en trois ans sur l’espace public.

De quoi élargir, rue après rue, la canopée montreuilloise. Cette reconquête du végétal passe aussi par le Grand Chemin, vaste projet porté par Est Ensemble qui transforme progressivement plusieurs axes de Montreuil en artères plus arborées. Mais planter ne suffit pas : encore fautil donner aux arbres de quoi respirer. Plus de 700 pieds d’arbres ont ainsi été débitumés en un an, pour que l’eau de pluie regagne leurs racines au lieu de glisser sur le bitume jusqu’aux égouts.