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À Montreuil, avec Boxcrew, c'est hip hip-hop hourra !

Publié le 21 août 2026 | N°217

Ses membres ont dansé lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 et parcourent aujourd’hui le monde. Depuis sa création en 2017, le collectif montreuillois de breakdance Boxcrew mène une vie intense : cours trois fois par semaine au centre Arthur-Ashe et présence dans des événements internationaux. Le 5 avril, il organisera, au siège de la CGT, l’IT Battle. Retour sur l’histoire d’un collectif (un « crew ») à l’effectif en perpétuelle évolution.

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Un professeur montre une figure de hip-hop

Oscar, au centre, a enchaîné deux figures complexes du breakdance, un airbaby sur les bras et un Y.

© Meyer

Oscar n’a pas volé les vivats de ses camarades. Dans la salle « parquée » (consacrée au yoga) du centre sportif Arthur-Ashe, le jeune homme vient de réussir coup sur coup deux très difficiles mouvements de breakdance : un airbaby sur un bras suivi d’un Y. À sa suite, des enfants se lancent sur la piste. Pas toujours avec la même réussite, mais avec une salve d’encouragements et d’applaudissements comparable. Car c’est aussi ça, le breakdance : une communauté soudée où le respect mutuel et le partage comptent beaucoup. Ce mercredi après-midi, le collectif Boxcrew donne à une quinzaine d’enfants de 5 à 14 ans l’un de ses trois cours hebdomadaires où se croisent des pratiquants de tous niveaux. « Nous comptons une soixantaine d’adhérents, qui vont du débutant au compétiteur professionnel venu de l’étranger, explique Souel, l’un des trois pères fondateurs (avec Aniss et Lou) de cette structure. Nous avons aussi signé une convention de partenariat avec le conservatoire de musique et de danse de Montreuil, qui nous permet d’enseigner là-bas et d’accueillir en retour de nouveaux élèves voulant s’essayer au breakdance. » Neuf ans après sa création, Boxcrew est aujourd’hui solidement installé dans le paysage culturo-sportif montreuillois. Et sa réputation dépasse largement les frontières de la ville. 

SEXY DANCE 3, LE POINT DE BASCULE 

Ces dernières années, on a vu ses membres briller dans des compétitions nationales et internationales de premier plan, à Los Angeles, New York, Beyrouth, Brasília, Marseille ou Zurich, et s’illustrer lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris en 2024 (lire encadré). On a également vu Aniss dans Allons enfants, un documentaire (nommé aux Césars en 2023) qui suit durant un an des élèves de la section sportive hip-hop du lycée Turgot (Paris 3e). L’histoire commence au début des années 2010. Deux ados – les frères Aniss et Lou, rejoints un peu plus tard par leur cousin Souel – tuent le temps un samedi après-midi chez eux, à la Boissière, en regardant des DVD. Par hasard, ils tombent sur Sexy Dance 3. Les scènes de danse hip-hop les sidèrent. « Ça a été le point de bascule, révèle Lou, qui faisait alors du cirque et de la danse classique. On a voulu faire comme eux : des saltos dans tous les sens, tourner sur un coude ou sur la tête… Nous avons visionné ce film un nombre incalculable de fois, disséquant chaque séquence pour tenter de reproduire les chorégraphies à l’identique. En 2022, en guise de pèlerinage, nous nous sommes rendus sur les lieux du tournage, à New York, pour rejouer dans les mêmes décors les scènes qu’on voit à l’écran. » 

SE FAIRE CONNAÎTRE

Le salon familial étant trop exigu, les deux frangins et le cousin s’exilent dans le box qui jouxte la maison. Un lieu où la bande va passer des journées entières et qui finira par donner son nom au collectif : Boxcrew. Les années passent, les progrès sont visibles. Il faut maintenant se faire connaître. Les trois compères, rejoints par d’autres breakers, font le show aux Guilands, des battles au Café La Pêche, organisent des initiations dans les écoles, participent au festival des cultures urbaines Laisse crâner, place Jean-Jaurès, et à la Fête de la ville. Avant de parcourir aujourd’hui le globe. Grâce à eux, les toprocks, six-steps, freezes, headspins et autres windmills n’auront bientôt plus aucun secret pour vous.

Grégoire Remund

Une forme Olympique

Le spectacle imaginé par le metteur en scène Thomas Jolly pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, en 2024, a été suivi par plusieurs centaines de millions de téléspectateurs dans le monde entier. Un événement auquel a pris part Boxcrew, dont quatre membres avaient déjà porté la flamme entre Montreuil et Bagnolet, la veille. « Ce fut un moment vraiment génial, indescriptible et à la fois très stressant, parce qu’il pleuvait des cordes et que la plateforme flottante sur laquelle on se produisait était très glissante », se souvient Souel. Pendant les répétitions, qui ont duré deux mois, son équipe et lui ont été tenus au secret professionnel. « Il ne fallait absolument rien révéler, c’était bizarre. » Un mois et demi plus tard, succès oblige, le collectif est rappelé pour participer à la Parade des champions, organisée sur l’avenue des Champs-Élysées pour célébrer une dernière fois les médaillés français des Jeux olympiques et paralympiques. « On nous a demandé de sélectionner 30 breakers et de leur apprendre une chorégraphie en une semaine, sourit aujourd’hui Lou. Ça avait tout du défi insurmontable, mais on a réussi à le faire. » Sport additionnel lors des Jeux de Paris, le breakdance ne sera pas au programme de ceux de Los Angeles en 2028, mais pourrait revenir en 2032, à Brisbane (Australie). « Les JO, c’est l’objectif ultime, confie Souel. On aura alors la trentaine et on sera encore en forme. On y croit carrément. »