Culture
Montreuil en Avignon : chapeau bas !
Une vingtaine de compagnies montreuilloises ont joué cet été au festival de théâtre de la Cité des papes sous le label « Montreuil en Avignon ». Un grand cru.
Partagez avec :
Nathalie Mann, lauréate du prix de la meilleure comédienne (association Avignon à l’unisson).
À Avignon, l’été, on finit par croiser Montreuil partout. Cette année encore, « Montreuil en Avignon », le dispositif municipal de soutien aux artistes, accompagnait 19 compagnies dans l’un des plus grands festivals de théâtre du monde. Et quel cru ! Au risque de paraître trop bon public, nous sommes allés d’enchantement en enchantement en découvrant, mi-juillet, les créations montreuilloises présentées dans le « off ».
Théâtre, mime, chanson...
Nous avons été bluffés par l’énergie inventive de Hchouma blues, du jeune Hicham Boutahar, sur les violences policières, qui a rempli l’historique Théâtre des Carmes et ses 188 places. Bouleversés par Ma nuit à Beyrouth, de Mona El Yafi, qui a fait un tabac dans la très chic salle du 11. Avignon. Nous avons vibré en écoutant Ce que le ventre dit, le tellurique concert et spectacle de Marc Nammour, le chanteur du groupe La Canaille, qui s’est associé à la poétesse slameuse belge Lisette Lombé.
Nous avons ri de bon coeur devant Trop fort !, la nouvelle création tendre et sensible des clowns Pépé et Nana (Anna Cottis). Avec ses chorégraphies hypnotiques et son lyrisme politique, 24 cité des promesses, de La Nébuleuse de septembre, nous a conquis. Avec son installation participative consacrée à George Sand, Les Couleurs du vivant, Stella Serfaty a merveilleusement bouclé sa trilogie écologique. Les chansons sensuelles et sans fard sur l’oppression des femmes d’Élodie Milo (Anatomiq) nous ont scotchés. Frédérique Voruz a joué à guichets fermés Chimère, son conte psychanalytique sur le désir d’enfant contrarié qui figurait en tête de la sélection Télérama.
Du talent, du talent et encore du talent...
Et puis, et puis… Il y eut aussi la bluffante pièce burlesque Ego sapiens, sur les addictions numériques ; la talentueuse comédie féministe Marie-Lou, qui éreinte la société du spectacle ; la saisissante pièce Ondes de choc sur une – vraie – tragédie alpine retransmise en direct à la radio en 1971 ; les drolatiques Chroniques d’un échec réussi, sur les tribulations d’un cancre ; l’ovni percutant de Marie Mahé sur l’identité (7 secondes)… Du talent, du talent et encore du talent. Que la Ville de Montreuil continue à défendre dans un contexte national de coupes budgétaires intempestives et de censures assassines.
Maguelone Bonnaud
Ça va arriver près de chez nous
Découvrez cette saison certains des spectacles joués à Avignon.
Le Premier Homme, à partir du 7 septembre au Théâtre de la comédie Bastille : une pièce politique enlevée. AnatomiQ, le 3 octobre au Théâtre de la Concorde à Paris : un solo musical féministe punchy. Trop fort !, de Pépé et Nana, du 12 au 18 novembre au Théâtre de La Noue : duo de clowns.
Deux rien, le 18 décembre à Berthelot : spectacle de mime bouleversant. RIP, le 7 novembre au Grenier de Bougival : une fable sur le sens de la mort et de la vie. Le Premier Sexe et Les Paillettes de leur vie, de Mickaël Délis à La Scala du 19 septembre au 23 décembre. Chimère (sur France. tv jusqu’en 2028), le conte grinçant de Frédérique Voruz sur un parcours PMA (procréation médicalement assistée) a été capté
par la télévision publique.
M. B.