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« Ni dieu, ni maître, ni patron, ça me va très bien »
Marie, 83 ans, secrétaire retraitée
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« J’ai attendu très longtemps pour me faire tatouer. J’avais 60 ans et j’ai choisi le A d’anarchie. J’avais découvert ce milieu huit ans plus tôt, quand je participais au soutien des sans-papiers abrités à l’église Saint-Bernard, à Paris, avec les syndicalistes de la Confédération nationale du travail (CNT) et les militants de la Fédération anarchiste. J’ai aussi un visage à deux faces imprimé à l’intérieur du bras. D’un côté, ça évoque le Christ, de l’autre côté un smiley, pour dire que je me moque de la mort.
À l’époque, j’étais atteinte d’un petit cancer dont je me suis remise. Bien sûr, il y a un côté anti-religieux, l’Église catholique, c’est vraiment des arriérés. Ni dieu, ni maître, ni patron, ça me va très bien. Mais je n’ai aucun problème avec la foi des gens ici, à la résidence des Ramenas, où j’habite. On n’est plus trop valides. Alors notre responsable se démène pour faire venir le monde à nous en multipliant les activités artistiques, elle est au top, il faut l’écrire ! »