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« Philippe Bucamp, c’est l’humain le plus adorable que j’aie rencontré »

Publié le 10 septembre 2026 | N°223

Nous avions découvert fin mai ce graphiste, illustrateur et prof de design au lycée Eugénie-Cotton pour lui consacrer un portrait dans ce numéro. Mais le sort a brutalement frappé : il est décédé une semaine plus tard à la suite d’un malaise.

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J’ai toujours dessiné, depuis tout petit. » Né à Boulognesur-Mer (Pas-de-Calais), ce passionné de crayons et de pinceaux, de couleurs comme de noir et blanc, avait terminé ses études à la Haute École des arts du Rhin, à Strasbourg.

Installé à Villiers – Barbusse en 2011, Philippe Bucamp était aussi devenu prof et coordinateur de la filière Design graphique pour les étudiants en DNMade au lycée voisin Eugénie-Cotton, après avoir enseigné le graphisme durant plus d’une décennie à la prestigieuse école Olivier-de-Serres (École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art), à Paris.

Ce jeune quinquagénaire nous avait raconté son parcours, ses coups de coeur et son goût de « l’esprit de village spécifique à Montreuil ». « Si je peux donner un coup de main, j’y vais », résumait-il pour mentionner sa participation à la fête de quartier dont il réalisait les affiches, sa fréquentation de la Brasserie Croix-de-Chavaux, d’A.E.R.I., du Théâtre Berthelot et du Faittout, à la Boissière, où il comptait de nombreux amis.

UN PROF MULTIFONCTION

Philippe nous avait surtout détaillé sa passion pour son boulot de professeur et ses étudiants. Nous les avons rencontrés quelques jours après sa disparition. « Toujours prêt à sortir une blague et toujours à l’écoute, toujours attentif », se souvient Dhullya, approuvée par ses condisciples. Alix se rappelle un prof « multifonction dans l’art, la musique, l’ordinateur, le dessin. Il était grave doué ». 

Selon Gaspard, « il avait toujours les bons mots pour encourager et valoriser. Il nous rappelait aussi tout le temps que le design, c’est comme la cuisine : il faut rassembler les bons ingrédients. » Une pleine page serait nécessaire pour compiler ces témoignages, et transmettre leur force et le soutien à Amélie, compagne de Philippe, et à Gustave, leur fils lycéen.

Pauline Pilard, qui travaillait en binôme avec Philippe Bucamp, ne se résout pas à parler de lui au passé : « C’est quelqu’un de solaire. Il tire toujours tout vers le positif. C’est l’humain le plus adorable que j’aie rencontré. »