Pourquoi le Méliès fait la course en tête
Pour la deuxième année consécutive, le cinéma public de Montreuil est la première salle indépendante art et essai de France.
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Noémie Lvovsky, Cédric Klapisch, Michel Hazanavicius et Quentin Dupieux (de gauche à droite) au Méliès.
© DR
Avec 382 000 entrées payantes l’année dernière, le cinéma public de Montreuil est entré pour la première fois dans le Top 100 des salles de France. Et, pour la deuxième année consécutive, il a été le plus fréquenté des cinémas d’art et d’essai indépendants (hors circuit, comme MK2).
Analyse d’un succès durable.
Il y a des salles qui se contentent de diffuser les nouveautés. Le Méliès, lui, « éditorialise » sa programmation. « En clair, nous proposons 300 séances uniques toute l’année, hors agenda des sorties, qui correspondent à des choix défendus par l’équipe », détaille Antoine Heude, le directeur d’exploitation. Avec 900 films différents projetés en 2025 (soit 300 de plus que l’UGC des Halles, plus grand cinéma d’Europe), Le Méliès a proposé l’offre la plus diversifiée de l’Hexagone.
Des rendez-vous rituels très courus : les festivals qui se tiennent au Méliès (celui du film de Montreuil, Rencontres du cinéma documentaire…), les cycles (Aux Frontières du Méliès, Jap’anim, Maestra…), les Cours au Méliès ou les Nuits… « On a battu nos records de fréquentation avec tous nos rendez-vous rituels, se réjouit Stéphane Goudet, le directeur artistique. Et notre nouveau temps fort de l’année, les dix ans de La Cinetek, a fait un tabac. »
C’est un autre record montreuillois : Le Méliès est le cinéma qui accueille le plus de rencontres chaque année. Réalisateurs, comédiens, producteurs… Le débat du 27 septembre avec le réalisateur iranien Jafar Panahi, tout juste auréolé de sa Palme d’or, restera dans les annales. Tout comme la table ronde du 3 novembre avec Michel Hazanavicius, Cédric Klapisch, Noémie Lvovsky et Quentin Dupieux.
Un cinéma incarné. Qui ne connaît pas Stéphane Goudet ? Le directeur artistique du Méliès, associé à la salle depuis un quart de siècle, fait sans doute partie des personnalités montreuilloises de la culture les plus identifiées, avec Marie Boudon, la cheffe de la programmation, ou Alan Chikhe, le responsable jeune public. On connaît le sens critique de l’équipe. On lui fait confiance. Créée il y a vingt deux ans, l’association de spectateurs Renc’art « qui soutient le cinéma public » est toujours très dynamique. « Lorsque nous sollicitons nos plus de 500 adhérents sur des avant-premières, il nous arrive de remplir le tiers ou même la moitié d’une salle », se félicite son président Thomas Couderc. Un levier de mobilisation. Associations, maisons de quartier… De nombreux partenariats sont noués tout au long de l’année entre le cinéma et des acteurs locaux comme la Maison des femmes – Thérèse-Clerc, qui y organise son Festival de courts métrages féministes, ou l’association Passerelle de mémoire, qui y projette ses films sur Montreuil. Et les séances mensuelles Circuits courts mettent en valeur des talents du 93. La proximité rassemble. Maguelone Bonnaud