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Prolongement de la ligne 1 : si vous avez raté les épisodes précédents
Prolonger la ligne 1 de Château de Vincennes jusqu’à Val-de-Fontenay, avec une station aux Grands-Pêchers, et ainsi offrir le métro aux quartiers qui en sont restés éloignés : l’idée est presque centenaire. Alors qu’une nouvelle concertation s’ouvre cet automne, retour sur une très longue histoire.
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Travaux d’aménagement de la station Nation en 1901.
© DR
Peu de dossiers franciliens battent ce record d’attente. Dans les archives de la RATP, on trouve des projets de prolongement vers Fontenay dès les années 1930, puis de nouvelles études dans les années 1950. Près d’un siècle plus tard, le métro s’arrête toujours à Château de Vincennes, comme si la ligne refusait de quitter les beaux quartiers pour aller desservir les cités populaires.
Trois nouvelles stations : Les Rigollots, Grands-pêchers et Val-de-Fontenay
Le projet actuel prévoit de prolonger la ligne sur environ 5 kilomètres, avec trois nouvelles stations : Les Rigollots à Fontenay-sous-Bois, Grands-Pêchers à Montreuil, puis Val-de-Fontenay. Pour le haut Montreuil, l’enjeu est majeur : desservir enfin par le métro des quartiers denses qui en sont historiquement éloignés. À Val-de-Fontenay, la ligne rejoindrait les RER A et E et, à terme, la ligne 15 et le T1.
Mais entre le projet et le premier métro, les obstacles se sont accumulés.
2014 : le projet repart. Une première concertation publique est organisée en 2014-2015. Plusieurs tracés sont examinés et, en 2016, le passage par les Grands-Pêchers est retenu. Les études avancent. Fin 2020, Île-de-France Mobilités approuve le projet qui doit être soumis à enquête publique.
2022 : sérieux coup d’arrêt. L’enquête publique recueille plus de 8 000 contributions. La commission d’enquête publique reconnaît l’intérêt général du prolongement mais rend, à l’unanimité, un avis défavorable au projet présenté. En cause : son coût, son bilan socio-économique, les nuisances et les conséquences pour les riverains, mais aussi ses impacts environnementaux, notamment dans le bois de Vincennes. En décembre, l’État refuse de déclarer le projet d’utilité publique « en l’état ».
La nuance compte : c’est cette version du projet qui est retoquée, pas le principe du prolongement. Ni, au fond, le droit de ce quartier de Montreuil à avoir enfin son métro.
2024-2026 : on reprend la copie. Île-de-France Mobilités et la RATP relancent les études. Raccordement à Château de Vincennes, accès aux stations, arrière-gare, coûts, fréquentation et impacts environnementaux : plusieurs éléments sont réexaminés. Le sort du bois de Vincennes est particulièrement scruté, avec l’objectif de réduire l’emprise de travaux et le nombre d’arbres abattus.
2026 : nouvelle tentative. Une nouvelle concertation doit s’ouvrir cet automne, sous l’égide de trois garantes indépendantes de la Commission nationale du débat public. Le projet est désormais évalué à environ 1,7 milliard d’euros hors taxes, aux conditions économiques de 2026, avec une mise en service envisagée à l’horizon 2040.
À Montreuil, la Ville continue de défendre ce prolongement, et de nouveaux crédits destinés aux études ont été inscrits cet été au contrat de plan État-Région.
Après presque un siècle de projets, d’études, de tracés et de contretemps, la ligne 1 aux Grands-Pêchers reste donc à construire, au propre comme au figuré. La concertation de cet automne dira si cette nouvelle copie permet enfin de franchir l’obstacle qui avait stoppé la précédente, pour que ces quartiers mis à l’écart sortent enfin de l’angle mort du réseau.
Aude Rossigneux