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Punchline. Au centre Lounès-Matoub, on a voté et choisi une nouvelle citation pour orner la cour

Publié le 14 septembre 2026 | N°226

Le 27 juin dernier, les usagers du centre social et les autres habitants qui le souhaitaient ont choisi par vote la nouvelle citation du poète algérien qui ornera la cour du lieu. Citation mise en forme par les ados de l’atelier graffiti.

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Timothée Prince (à gauche), street artiste, pose avec les membres de l’atelier graffiti devant la citation du poète algérien (au second plan).

© Meyer

Une fresque murale, due à l’association « Créa graffiti 93 », à l’effigie de l’auteur-compositeur-interprète et poète algérien Lounès Matoub orne la cour du centre social qui porte son nom. Sous le portrait figurait auparavant cette citation de ce militant de la cause kabyle : « Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton. » Mais des riverains avaient signalé que la citation est également une vieille formule (issue d’une maxime de l’Inde du xixe siècle), utilisée par les fascistes italiens des années 1930. Aussi la direction du centre a-t-elle lancé en 2026, à l’occasion des célébrations annuelles de l’assassinat du poète le 25 juin 1998, un vote citoyen permettant de choisir une nouvelle maxime. Du 29 mai au 27 juin, ceux qui fréquentent le lieu ont pu débattre et élire une des phrases extraites de l’œuvre du poète par les animateurs : « Tissons ensemble les liens de la solidarité » ; « Tu les entends ? C’est la vie » ; « Les rêves ne valent que d’être réalisés »…

Dessiner les mots du poète

Celle qui a été retenue est issue du livre posthume Testament : Entretien avec Alioui Liassine* : « C’est dans la différence que je trouve mon identité. » Pour mettre en forme ces mots, la maison de quartier a fait appel à l’atelier graffiti, animé chaque mercredi après-midi, en alternance, par Timothée Prince et Adji Titus. Cette dernière, artiste rompue à la conception de fresque dans l’espace public, a apprécié que l’élaboration de l’oeuvre se déroule dans la continuité de cet atelier et valorise l’investissement des enfants. « Ils ont réalisé tout le paysage de fond, et nous sommes venus retravailler dessus, décrit-elle. C’est génial, ils ont pu s’initier aux différentes formes du graffiti tout en participant à une oeuvre pérenne ! » Une histoire de transmission et de partage qui n’aurait pas laissé indifférent un certain Lounès Matoub. 

* Cet ouvrage autoédité peut être téléchargé au format PDF (97 pages) à l’adresse suivante : adrar-inu.blogspot.com