Saïd : « On partait à moto, c’était la liberté ! »
Né en Algérie en 1943, Saïd Bouallak arrive à Montreuil à l’âge de 8 ans. Sa famille s’installe à la Boissière, où il vit toujours avec son épouse Fatma (60 ans de mariage !). Entré en apprentissage de tournage-fraisage à 14 ans (au lycée Condorcet), il finit sa carrière comme cadre dans la logistique.
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Saïd Bouallak
© Meyer
« Quand j’ai eu 16 ans, je partais souvent en Normandie en mobylette, avec mes copains Serge et Claude. On roulait sur des bécanes pourries. Moi, j’avais une sorte de vélo motorisé, avec un moteur Poulain. On est tombés en panne souvent ! Plus tard, on a eu des motos. Je partais avec un bidon d’huile, la tente et quelques ustensiles de cuisine. C’était la liberté, et c’était gratuit ! On n’était pas dans la consommation. On dormait au bord de la route, on campait où on voulait. C’est en colo, avec la Ville de Montreuil, que j’ai commencé à camper. Mon père tenait à ce qu’on fasse des colos. Lui, avait eu une vie très dure. Comme on était une famille nombreuse, on bénéficiait de tarifs avantageux. Je suis parti à La Ciotat et dans les Alpes, notamment. J’y suis devenu aide-moniteur ensuite. J’étais très sportif. Je pratiquais l’athlétisme au CA Montreuil. Ma spécialité, c’était le demi-fond. J’ai même participé à des championnats de France, à Aix-les-Bains. En colo et en camp d’ados, j’ai appris à faire de la voile, de la plongée… Parfois, quand je repense à tout ça, je me demande si je ne suis pas en train de rêver… L’été, on partait aussi souvent en Algérie, bien sûr. Dans les années 1960, c’était un voyage assez épouvantable. Mais j’étais content de retrouver la mer, sur l’autre rive. Bien plus tard, j’ai emmené mon épouse, Fatma, et mes enfants dans les lieux que j’avais découverts en colo, à la mer ou à la montagne. On a randonné en famille. Et mes enfants ont appris très tôt la natation et la plongée sous-marine ! »