Culture

Samedi : La Fête de la ville brillera de mille feux

Publié le 10 septembre 2026 | N°223

L’édition 2026 de la grande fête des Montreuillois, le 20 juin, promet des émotions intenses sur ses cinq scènes, de 13 h à minuit.

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Keziah Jones

Roi du blufunk

Montreuil a la chance d’accueillir Keziah Jones, légendaire musicien nigérian. En 1992, son premier album Blufunk is a fact ! le propulse à 26 ans dans l’Olympe, avec l’universel « Rhythm is love ». Un jeu de guitare percussif, du groove et une voix suave lui permettent de fusionner blues, funk, soul, rock et rythmes yorubas. Ce griot urbain ne produit pas que des tubes et de sensuelles prestations scéniques : il porte le chapeau comme personne. Et aime sur scène reprendre des standards (U2, Stranglers, Prince…).

En 1996, détail pour certains mais qui veut dire beaucoup, il a recueilli les ultimes mots de son compatriote, le prophète de l’afrofunk Fela Kuti. Qu’il ne manquera pas de célébrer sur la scènedu parc Montreau.

Marie Jay

La révélation

L’année dernière, la Fête de la ville nous avait permis de découvrir Zélie. Le coup de coeur 2026 des programmateurs s’appelle Marie Jay. Une fille « badass » de 24 ans qui n’a pas froid aux yeux, revendique « le droit d’être nulle » et de « lâcher le sourire », qui a troqué la robe de princesse pour le jogging et a intitulé son deuxième EP (sorti le 12 juin) Le rose c’est has been.

Autrice et compositrice, cette native de Lausanne qui vient de s’installer à Paris raconte avec une sincérité sans filtre et un sens réjouissant de la formule ses tourments amoureux et ses professions de foi, sur une musique électro-pop entraînante.

Repérée par le label 3e Bureau de Wagram, elle a aussi tapé dans l’oeil du Printemps de Bourges, festival de chanson francophone, où elle était invitée en avril. Un jeune talent sacrément doué.

La Meute

lancée par Kritchevsky

« Elles en imposent, elles ont du charisme, elles ne sont pas là pour blaguer. » Elles, ce sont Caïman 93, Ozara, Mimi Wata, Deva Muse, Hiru, Zorba, six jeunes artistes choisies par le producteur et beatmaker montreuillois Kritchevsky pour incarner son projet La Meute.

Six facettes – « comme un diamant » – de la nouvelle pop au féminin, pour un album qui paraît ce 19 juin et connaîtra son baptême du feu le lendemain, au parc Montreau. Rap, reggaeton, ultra pop, R’n’B, dancehall…

« Chaque fille est arrivée avec son univers propre, j’ai pris ce qu’elles m’offraient », explique le jeune producteur, particulièrement marqué par leur énergie : « Elles sont toutes autrices de leurs propres textes. Chacune exprime à sa façon l’état d’esprit du moment, quelque chose de très déterminé, sans concession. » Gageons que La Meute sera l’une des révélations de la fête.

Bollywood Massala orchestra

Haut en couleur

Leurs broderies de perles, leurs robes à volants et leurs chorégraphies séculaires : un vent d’Inde soufflera sur le parc Montreau. Une première, la Fête de la ville a fait venir un spectacle « Bollywood » offrant au public un florilège de la culture indienne.

Percussionnistes, chanteurs, danseurs, acrobates et même fakir ou cracheur de feu, les seize artistes du Bollywood Masala Orchestra, venus de toute l’Inde, font voyager du Rajasthan jusqu’à Mumbai au fil de la musique, de la danse et des arts visuels. Ne les ratez pas !

Karnavires

ou le défilé magique

Comme l’année dernière, le méga-feu d’artifice de la Fête de la ville (à 23 h 45 depuis la cuvette) sera précédé d’un spectacle pyrotechnique, mais cette fois sous la forme d’une déambulation.

Les boutefeux de la compagnie Karnavires et leurs totems magiques – inspirés des castillos mexicains – partiront vers 23 h du square, à droite de l’entrée du parc, pour guider les Montreuillois vers la cuvette et le bouquet final. Célébration baroque pour acteurs et machineries infernales, leur spectacle Tumulte revisite des rituels festifs immémoriaux : parade d’amour, danse de la pluie, sacrifice de la bête, célébration du ciel, de la terre, de l’histoire des hommes…

Avec ses masques, ses marionnettes et ses mille étincelles aux couleurs psychédéliques, la procession merveilleuse illuminera la nuit du 20 juin. « Les Commandos Percu en juin dernier, les Plasticiens volants en novembre à la Croix-de-Chavaux et Karnavires cette année : en un an, Montreuil aura accueilli trois des plus belles compagnies d’art de rue », se félicite le service Événements, qui organise les fêtes de la ville.

Driss Farrio & The Soulbrothaz

La groove narvalo

Avec dix musiciens et quatre choristes sur scène, Driss Farrio présentera l’une des formations les plus impressionnantes du samedi. Driss Farrio & The Soulbrothaz ont l’art d’embarquer le public avec leur groove nourri de soul, funk, R’n’B, disco…

Né au Bel-Air, où il a passé son adolescence, le chanteur, qui a partagé l’affiche avec des icônes comme Stevie Wonder ou Tom Jones avant de créer sa propre formation, « attendait depuis longtemps » ce rendez-vous avec sa ville. « J’ai préparé un florilège de tubes pour les Montreuillois », annonce le showman, qui a appris la musique au Café La Pêche.

Kool & The Gang, Earth Wind and Fire, Michael Jackson, James Brown… Le quinqua à la tessiture XXL s’est spécialisé dans les concerts hommages à ces artistes de légende.

Il était encore le 6 juin au New Morning, à Paris, pour redonner vie au mythique label Motown de Détroit. Mais le 21 juin sera une date spéciale pour Driss : exactement trente et un an auparavant, le musicien, alors âgé de 21 ans, découvrait l’ivresse de la scène lors de la Fête de la musique à Paris.

Une révélation qui a changé sa vie et continue de la guider.